jeudi 15 janvier 2009

- Mes trois obstacles

Ca peut en faire rire.
Mais pour moi, ce sont à ce jour, des obstacles de taille...

Il s'agit des 3 voyages que je dois faire à Paris.

Des gens sont partis du bout du monde pour voir la ville lumière.
Et moi, française du bout de la France, je ne l'ai jamais vue.


Hier, j'ai reçu ma première convocation à l'université. Je dois y être ... dans 8 jours !!!

En effet, le samedi 24 janvier, j'ai une réunion très importante pour rencontrer tous les professeurs qui vont corriger mes examens en fin d'année scolaire.

C'est mon premier obstacle car comme budget pour ce voyage, j'ai à ce jour ... rien, pas un kopeck.
On m'a dit qu'il faut prévoir environ 300 euros ; 150 pour le trajet en train, et le reste pour vivre sur place pendant environ 2 jours. S'il s'avère que je n'ai pas besoin de me loger là-bas, je n'aurais pas besoin d'autant d'argent n'est-ce pas ?
Je peux rogner au maximum sur le budget perso sur place, mais pas sur le prix du billet.


Là, ça démarre plutôt mal.
Il y a une offre d'emploi qui me correspondrait parfaitement. Si j'étais prise, ça m'ouvrirait des possibilités de trouver l'argent nécessaire à mon voyage. Mais à l'instant où j'écris ... j'ai pas encore de solution.


Le deuxième obstacle : le même voyage, prévu pour le 7 mars.
Obstacle déjà moins haut (bien qu'il le soit quand même pas mal), parce qu'au moins je suis prévenue à l'avance.
Ca me laisse le temps, je sais pas moi, de préparer un casse par exemple ? Oui, oui, je sais, mon humour est bidon. Mais comme aurait pu le dire Jacques Brel : Quand on n'a que ... l'humour ...


Après, reste un troisième obstacle, encore moins haut parce plus éloigné dans le temps : encore le même voyage, le jour de l'examen.
Celui-ci, nul doute, je vais le surmonter.

Pour les deux autres, allez, une angoisse de plus.
Comment je vais faire ? Comment ?
Mon mari me dit que je dois renoncer au moins au premier voyage, et peut-être au deuxième.

Le deuxième, non, la solution je la trouverai. C'est ma force à moi, de relever les défis. Je suis prête à me passer de tout sur place. Juste manger des casse-dalle, c'est l'affaire de 36 à 48 heures maximum, peut-être moins ; c'est sans problème.
Ne pas visiter la ville, ça ne me tuera pas non plus.


Mon mari me dit de ne pas rêver, que le premier voyage, c'est mort. Il dit aussi qu'en plus, ça lui ferait trop de peine que je parte.
Pour moi, la traduction c'est : ne compte pas trop sur moi ma chérie, reste à la maison c'est plus simple. En même temps, je comprends son point de vue (du coté finances, s'entend)

Moi j'ai conscience que j'ai peu de chances d'être à Paris le 24 janvier, mais je ne veux pas baisser les bras sans avoir exploré toutes les éventualités. D'ailleurs comment pourrais-je accepter cette idée alors que je viens à peine d'apprendre la nouvelle ?

Et puis, qui dit que la chance ne va pas me sourire ?
Je suis chanceuse dans la vie, de même qu'il m'arrive d'être très forte, quand la situation l'exige. Alors les portes ne sont pas toutes fermées, tout espoir n'est pas mort. D'ailleurs, j'ai déjà le gite sur place, preuve que je n'exagère pas en me trouvant chanceuse : une amie habite à 15 minutes en voiture de mon université et elle est prête à m'héberger.
Si ça c'est pas de la chance, qu'est-ce que c'est ?

Partant de là, pourquoi ne pas y croire encore ? A coeur vaillant rien d'impossible dit-on, et cet entretien avec les profs est important parce qu'ils doivent prendre connaissance de nos situations afin de nous donner les conseils adaptés à chacun de nos cas et nous expliquer ce qu'ils attendent de nous et quelles méthodes employer.

C'est pour ça, que tant qu'il y aura la moindre possibilité d'effectuer ce déplacement, moi je veux y croire. Si vraiment je devais y renoncer, ce ne serait qu'après avoir exploré toutes les pistes envisageables. Alors, et seulement alors, je détournerais mon regard afin d'éviter la tristesse et l'inquiétude, pour me concentrer sur les étapes suivantes.



Je m'aide, alors le Ciel m'aidera.

- A ton âge ...

Je viens d'avoir 39 ans. J'ai 4 enfants et je vais certainement me séparer de mon mari tôt ou tard.
On me dit que les choses sont pliées, qu'on n'entame pas des études à un âge pareil.

Ah ouais ? Ben je vais pourtant le faire.
Et pourquoi je vais réussir ? Parce que je le dois.
Pas question de lâcher l'affaire, je dois prévoir l'avenir de mes petits et je dois m'en sortir moi, de cette vie de merde, commencée par une enfance de merde.
Je n'en veux plus des emplois précaires, d'une vie de sans-grade, et de mois qui se suivent et se ressemblent par le manque de tout.

Je suis une personne responsable, alors j'ai le droit d'avoir un métier dans lequel j'exerce des responsabilités.
Je me suis battue toute ma vie pour garder la tête hors de l'eau. Depuis toute petite.

Maintenant je veux m'assurer la stabilité financière, m'offrir le droit de m'aimer, en devenant totalement fière de moi, donner leurs chances à mes enfants, et prévoir ma retraite.


Avant d'en arriver là, il fallait que je me construise une famille digne de ce nom, en ayant des enfants et en faisant tout pour les rendre heureux, épanouis. Parce que si je n'avais pas eu droit à cet amour, je n'aurais pas pu continuer à vivre.
Le manque d'amour et de respect, ça peut tuer ... d'ailleurs ça tue tous les jours, il suffit de lire les journaux.

J'avais le besoin impératif de réparer mon histoire familiale désastreuse.
Pour m'aimer moi-même, il fallait que je devienne une maman, une vraie.
Il me fallait effacer de ma mémoire ce père destructeur, toujours prêt à dézinguer et rejeter des enfants qui ne correspondent pas à ce qu'il voudrait, et cette mère inconsciente, prête à couler ses gosses dès qu'elle est trop dans la merde, et à les lâcher comme des objets qu'on met au garde-meuble, dès qu'elle a quelque chose de plus excitant en tête.

Pour briser une âme, nul besoin d'arme. Les mots et le rejet sont de meilleurs sabres.



Alors oui, j'ai fait les choses dans le sens inverse, peut-on croire, mais ce sera ma gloire.
Parce que j'ai le droit d'être faillible, mais pas celui de me maintenir dans l'erreur.
L'amour et la tolérance illuminent mon chemin et rien ne m'abattra car mes enfants sont en moi. Etre leur guide et leur repère est ma mission sur Terre. Le reste n'est qu'accessoire.
Tout le reste est illusoire.

- Je veux un diplôme

Et je compte bien tout faire pour l'avoir.

J'ai tapé à toutes les portes. Crève, m'a-t'on répondu partout ; toi, t'as droit à rien parce qu'il y a toujours un critère auquel tu ne réponds pas.

Alors, dès que j'ai eu internet, j'ai cherché partout, pendant des mois.

Et j'ai trouvé !!!

Le DAEU (Diplôme d'Accès à l'Enseignement Universitaire). Il ouvre tout grand les portes des universités héhéhé, trop forte !!

Il existe en version scientifique ou littéraire. Bon, faut pas pousser, je choisi le littéraire, c'est celui qui me correspond parfaitement.

Comment est-ce possible ? Grâce au CNED bien-sûr. Et d'ailleurs, qui donc peut être plus fiable que l'éducation nationale elle-même ? Alors quand en plus, elle permet de prendre les cours à distance, c'est royal !

Donc voilà : je me suis inscrite au CNED et à l'université, qui organise l'examen de fin d'année.

J'ai été obligée de choisir une université à Paris, car elle était la seule à proposer les matières que j'ai choisies. Mais j'habite bien loin de là, et ça va me demander de l'argent, car je dois m'y rendre 3 fois au cours de l'année.
Tout le monde a tenté, et tente encore, de m'en dissuader : "ça sert à rien", "ça coute trop cher pour toi, t'as pas les moyens". "à ton âge, pour quoi faire ?"


Mais moi je sais, je sens très fort en moi que c'est exactement ce que je dois faire. Alors je le fais. Je laisse parler tout le monde, ceux qui se moquent, ceux qui trouvent ça inutile et ceux qui trouvent que c'est de l'argent foutu en l'air. Ils peuvent baver tant qu'ils veulent, moi je résiste à leur influence et je fais ce que je peux pour avancer.

Il n'y a qu'une chose qui pourrait m'en empêcher (en dehors de l'argent, qui est le nerf de la guerre) : c'est la peur.

La peur de rater les examens, ou de ne pas tenir sur le long terme à faire sérieusement mes cours. Elle me tenaille, mais je lutte pour la maîtriser ... et la vaincre.


Mon argument : si je rate, j'aurais peut-être honte, mais si je n'essaie pas ou si je ne le fais pas sérieusement, j'aurais des regrets et la question me hanterait toute ma vie ... aurais-je été capable si j'avais essayé ?


Bien sûr, il y a de très gros obstacles. Il faut que j'arrive à les surmonter.

Première chose, je me suis inscrite à l'université de Paris : 205 euros.
Ca paraît dérisoire comme somme, mais quand on doit faire attention à tout, et qu'on manque chaque mois d'argent, alors on a tout le monde sur le dos qui nous reproche notre "dépense égoïste" (si si, on me le dit sans arrêt, même ceux dont ce n'est pas l'argent)

Je n'ai pu les payer qu'à la dernière date, en décembre.

Puis il reste 285 euros à payer au CNED, pour payer les cours. Ca, je peux payer en 3 fois... mais ça va faire très mal au budget quand même.

Pour les livres obligatoires, les sites web de vente aux enchères d'objets d'occasion. Ca va.

Je n'ai pas encore reçu les cours, puisque je ne peux pas payer en même temps l'inscription universitaire et le CNED. J'envoie l'inscription CNED demain matin (même le timbre, j'ai eu du mal à l'avoir. Sans oublier qu'un timbre ne sert à rien si on n'a pas d'enveloppe où le coller)


Alors voilà le problème -Dieu que j'ai pleuré pour ça- je vais commencer les cours prochainement. Les autres candidats ont commencé en octobre-novembre. ... L'examen aura lieu fin mai, début juin. Et quand je vois l'ampleur des cours (j'ai reçu le programme avec exemples de mon université), je prends conscience que je n'ai qu'une chance infime de réussir cette année.


Une bonne raison pour ne rien faire ?
Ben non, parce qu'avant de faire les test pour connaître mon niveau actuel, je pensais devoir faire 1 ou 2 ans de prépa au DAEU. Finalement, les résultats de mes test ont été très bon, surtout quand on les compare à ce dont je me croyais capable. Ce qui fait que j'ai pu entrer directement en année de DAEU.

Alors, si je n'obtiens que la moitié des matières, je pourrais toujours recommencer en octobre prochain, et là je l'obtiendrai mon diplôme, je le sens en moi. J'en ai la force, j'en ai les capacités, ça, maintenant je le sais.

Bien entendu que ce sera dur, parce qu'il faudra que j'ai un emploi en même temps, mais je vais y arriver car apprendre, c'est le plaisir de ma vie, ça me fait me sentir bien dans ma peau. Et aussi parce que progresser, c'est un devoir, un besoin.

En attendant, j'ai commencé les lectures du programme : j'ai reçu le livre de Flaubert : "Madame Bovary" en décembre (je l'ai eu d'occas pour moins de 5 euros, c'est pas génial ça ?). Donc je l'ai lu et j'y ai pris grand plaisir. J'en ai tiré des leçons de vie aussi, en voyant comment par égoïsme, on peut détruire la vie de toute sa famille et bousiller ses enfants et soi-même.

J'ai pris quelques jours pour me remettre de cette histoire et maintenant, je commence "Le Philanthrope", de Molière, acheté au même prix, sur le même site.
De toute façon j'adore lire, alors c'est cool, c'est l'utile relié à l'agréable.


Je garde espoir et optimisme, mais il y a encore 3 autres obstacles qui se dressent devant moi, et là, ce sont des obstacles de taille. Mais ça, c'est une autre partie de l'histoire, que je me propose de vous conter dans un autre article.

- Ce que je veux faire, professionnellement.

Depuis que je suis entrée dans la vie active, je n'ai eu que des emplois de merde, ou des emplois par coup de chance.
Les emplois de merde, c'était de l'usine. Les emplois coup-de-chance, étaient chouettes, mais je ne m'y sentais pas compétente puisqu'à chaque fois je devais tout apprendre sur le tas, et comme j'ai toujours énormément douté de moi, ça a été bien difficile.
Quand je réussissais ce que je faisais, j'avais tendance à le faire lentement, par peur de mal faire.
Et lorsque j'étais sûre de ma compétence, soit c'était un emploi à durée déterminée, soit l'entreprise coulait, ou déménageait.

La fête quoi.

Mais j'ai toujours eu beaucoup de plaisir à apprendre, et j'ai profité de chaque occasion qui se présentait pour me former.

A la naissance de mon deuxième enfant, j'ai pris un congé parental d'éducation, et comme j'ai encore eu deux autres enfants après celui-là (ce qui fait un total de 4), et que j'avais travaillé assez d'années pour m'ouvrir des droits (ce n'était pas prémédité, juste la chance), les choses se sont déroulées de telle manière que je suis restée en congé parental pendant ... 8 ans.

Moi j'avais prévu de rester 5 ans, mais notre petite dernière s'est présentée sans avoir été invitée (normal, elle a pas résisté à avoir une maman aussi classe que moi ! hahaha).
Du coup, hop, 3 ans de plus à la maison.

Avant ces congés d'éducation, j'avais un super travail. Difficile, mais que j'adorais et pour lequel je devenais de plus en plus forte. Depuis, la boîte a été vendue.

Alors quelles sont mes possibilités aujourd'hui ?
Reprendre un travail en usine ? Pour y mourir à petit feu tellement j'y suis malheureuse ?

Ah non, je ne peux pas. Il ne Faut pas !
Maintenant je veux un vrai métier, et pas un simple emploi. Je veux faire une vraie carrière, et la réussir.

Mais voilà : je n'ai pas de diplôme, et toutes les offres d'emplois qui me font envie, et dans lesquelles je suis certaine que je pourrais faire du vrai bon boulot ... ne sont proposées qu'à ceux qui ont au minimum le bac.

Obstacle donc.

MAIS !!! Tout espoir n'est pas mort, car j'ai un atout de taille : une passion.

Eh oui, j'adore communiquer et j'adore me servir d'un ordinateur. Je sais utiliser certains lociciels spécialisés, et surtout, je me suis initiée au langage html, qui permet de fabriquer des sites web.

J'ai appris ce langage durant mon congé parental, toute seule, comme une grande.

Alors, logique, j'aimerais en faire mon métier ! Oui mais, pour ce, il faut des compétences reconnues, et le mieux pour moi, c'est d'être parfaitement sûre de mes connaissances avant de postuler pour un emploi dans ce métier. Alors, j'ai commencé à chercher quelles écoles intégrer.


Mais comme toujours, ces écoles sont des universités, donc, sans BAC, point de salut !!


Eh bien qu'à cela ne tienne : à chaque problème, il y a des solutions.

Etape numéro 1 : obtenir soit le BAC, soit un diplôme équivalent qui me permette d'entrer en formation universitaire.

mercredi 7 janvier 2009

- Pleurer ou rire, il faut choisir

Les humoristes disent tous qu'en réalité ils sont de grands anxieux, qu'ils doutent d'eux-même et qu'au fond, ils sont tristes.
Je comprends.

Aujourd'hui, midi, nous sommes à table.
La fatigue me reprend, encore et toujours et cette fois je me rebelle. Non, je ne veux pas dormir. Marre de masquer ma vie à moi-même. Je décide de rejeter cette fatigue de ma tête. Quand on veut, on peut, dit-on.
Alors voilà, je décide de ne pas être fatiguée.

Tout à coup les larmes me montent. Je les retiens. La chose est évidente, ce doit être de la déprime : tu dors ou tu pleure.

Je ne veux pas pleurer non plus. J'ouvre mes yeux bien grand, pour que les larmes ne coulent pas. Du mal à manger, mais là aussi, il faut que je me force. J'ai besoin de forces si je veux tenir. Donc je fini mon assiette. Enfin j'essaie.
Mais mes yeux brillent. Ma petite dernière le remarque. "Pourquoi tu pleure maman ?"
"Non je ne pleure pas ma chérie, ce sont juste mes yeux qui pleurent, mais ne t'inquiète pas, ça va".

Je pars dans la cuisine, regarder par la fenêtre, pour que ça passe. Les larmes coulent, un petit peu. Mais pas de sanglot. Je garde le silence. Il ne faut pas que les enfants le voient.
De toute façon, pleurer, c'est fatiguant. Alors je ne vais pas ajouter de la fatigue à ma fatigue !
Je tiens.
Arf, je ne tiens pas si bien que ça, car les larmes de plus en plus grosses se mettent à couler, en silence. Je me reprends, et je réussi. Je peux retourner finir mon assiette. C'est bon.

Je me dis que c'est bien, que je suis courageuse.

Je réflechis. C'est vrai qu'on me dit souvent que j'ai beaucoup d'humour. C'est parce que j'utilise l'ironie et l'auto-dérision pour aller bien. Je devrais peut-être faire une carrière d'humoriste, au moins ça me rapporterait un peu d'argent.
Hahaha, ce serait bien d'utiliser son mal pour vivre, mais bon, soyons réalistes.

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Bon, c'est bien. J'ai bien fait d'écrire cet article, ça m'a aidé à faire passer.

Je m'en rends bien compte, la façon dont je raconte mes petites mésaventures, style tout va bien, je m'en fous .... même pas mal aurais-je dis à 8 ans.
Là c'est comme si je disais, je m'en fous, j'ai même pas de peine.
Mais en vrai, si. Beaucoup.

Pourtant, si on y réfléchi bien, j'ai pas à me plaindre quand on voit ce que certaines épouses et certaines mères ont à vivre. Mes enfants vont plutôt bien, mon intégrité physique n'est pas en danger, j'ai un toit, assez à manger en général... On peut dire que ça va.

Allez, haut les coeurs comme dit mon beau-frère (le mari d'une de mes soeurs).
C'est à moi de gérer ma vie pour la faire aller bien.
Je vais bien finir par réussir, n'est-ce pas ?

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- Le baratin

Ah que la vie avec un toxicomane peut-être amusante !
Pas besoin d'aller au théâtre ou au cinéma, vous avez le spectacle à domicile. Seul défaut, ce n'est jamais vous qui décidez du jour et du lieu de représentation.

Depuis 2 ou 3 jours, il est blanc, le visage marqué, rides appuyées ... tout du mec qui a tapé une ligne.
Inutile bien-sûr de lui dire que je le vois, il nie de toutes ses forces.
Bon, je lui dis quand même, histoire qu'il sache que je ne suis pas aveugle, mais j'ajoute derrière qu'il n'a pas besoin de me donner d'explication (des explications, il en a toujours des tas) car je ne veux pas en discuter. C'est trop épuisant.

Hum, ça revient toujours cette histoire de fatigue ; dès qu'il baratine, j'ai sommeil.

Alors bon, d'habitude, pour dire à quel point ça devient banal, quand je vois qu'il semble avoir pris une ligne, j'ai même pas envie d'en parler sur le blog. Mais là, aujourd'hui, c'était quand même assez marrant (façon de parler) de le voir s'enfoncer tout seul alors que je ne lui avais rien demandé.

Voilà ce qu'il vient de se passer :

Depuis sa maladie professionnelle, mon mari est au chômage. Ce mois-ci, il a appris qu'il n'allait recevoir que la moitié de cette allocation. Il les contacte, eux lui répondent n'importe quoi : il y a énormément plus de chomeurs ce mois-ci, donc vos indemnités vont baisser monsieur ...
Vous plaisantez leur répond-il, vous voulez me faire croire que les indemnités chômage dépendent du nombre de chômeurs inscrits ? (n'importe quoi).
Bon, écoutez monsieur, si vous n'êtes pas content, vous n'avez qu'à retrouver du travail

Ils sont marrants hein ?

Bref, il leur a fait un scandale (là il a assuré) et ce matin, ils l'ont rappelé pour lui dire qu'ils ont trouvé d'où vient l'erreur. Ils ont bloqué son argent parce qu'il doit leur fournir sa nouvelle carte d'identité. Sa carte d'identité est elle-même bloquée parce que l'administration française demande un "certificat de nationalité française" (il est né en France, mais enfin, on lui demande ce doc quand même), et il n'a pas pu pour l'instant récupérer ce certificat parce que notre voiture ne peut l'emmener jusqu'à la ville où se trouve le-dit document.

Tout ça pour expliquer comment il est venu à se trahir tout seul :
Il vient me voir, me raconte l'histoire et me dit "comme j'ai rencontré par hasard Camel (le nom est changé pour raison de discrétion) il y a 2 jours, et je lui ai demandé s'il pourra me conduire chercher mon doc"

Tient tient ... Camel ? Le dealer de came ?
Euh oui, me répond-il, mais il ne touche plus à rien depuis longtemps, je t'assure !


D'accord. Sauf que la dernière fois qu'il est passé chez nous ce gars-là, soi-disant pour nous saluer parce qu'on ne l'avait pas vu depuis des années, j'ai découvert quelques jours après qu'en fait, il était venu livrer Môssieur.
Amusant n'est-ce pas ?

Si ça avait été il y a quelques années, j'aurais cru que ça pouvait n'être qu'un hasard, seulement je ne peux plus penser cela puisque chaque fois que j'ai entendu parler de ce personnage, c'était pour découvrir ensuite qu'il avait fourni Môssieur.

CQFD (Ce Qu'il Fallait Démontrer), la discussion est close.

"Je ne dirai plus rien" me dit Môssieur.
Mais si chéri voyons, dis, ça me fait du spectacle.



Mariez-vous qu'y disaient ...

lundi 5 janvier 2009

- Situation actuelle.

Quoi de neuf docteur ?

Bah, du vieux surtout.

Alors, depuis ma dernière aventure relatée dans l'article précédent, ça n'a pas beaucoup évolué.

Déjà, j'ai revu le voisin qui faisait comme si de rien n'était. Mais sa femme m'a dit qu'il a été très perturbé par ce qu'il s'est passé car il n'est plus pareil depuis. Mon mari dit aussi qu'il le trouve différent dans ses attitudes et ses paroles.
Mon mari lui a un peu parlé, lui a dit qu'il n'avait pas assuré et le copain a, parait-il, reconnu les fait.

Pourtant, devant moi il n'a rien reconnu et a même dit qu'il n'a fait que reparler avec mon mari de ce dont celui-ci se plaignait en dehors de ma présence.
Quoi croire ? Ils doivent minimiser tous les deux je pense.

Ma séparation n'avance pas car je n'ai eu que de mauvaises nouvelles.
Je me suis inscrite au chômage mais l'assedic m'a annoncé que je n'avais aucun droit car je suis restée plus d'un an sans activité.

On m'avait dit que j'aurais droit au RMI dans le pire des cas, seulement voilà, pour y avoir droit il faut déjà être séparé.
Or, comment quitter la maison si je n'ai pas d'appartement ?
Et comment avoir un appartement sans revenu ?

Je suis donc prise au piège.

Les sentiments et attirances que je ressentais à nouveau pour mon mari lorsque je croyais pouvoir le quitter rapidement se sont totalement envolés.
Je reste toujours cool avec lui, sauf quand il ne tient pas parole sur une chose ou l'autre, ce qui arrive régulièrement.
Dans ce cas, je gueule un peu, mais ça passe vite. Pas envie de vivre dans la haine ou dans les cris.

Mes enfants continuent à se plaindre que leur papa ramène toujours des cigarettes à la maison alors que moi j'essaie d'arrêter de fumer. Chaque jour il promet que "demain, on arrête". Je me réveille le matin avec la joie d'arrêter, et lui me fout des clopes sous le nez.
Comme je suis de nature excessive, je ne résiste pas un instant. Cela me met très en colère car lorsqu'il n'est pas là, je m'en passe relativement facilement.
Je lui en veux et je m'en veux.
Ca me fatigue d'autant plus.


La solution qu'il me reste, est de trouver un boulot, mettre un peu de coté pour trouver un appart. Je vais aussi tenter de vendre notre terrain constructible, quand j'aurai assez d'argent pour passer une petite annonce.


A part ça, j'ai reçu ma carte d'étudiante de l'université de Paris, mais il me reste à m'inscrire au CNED pour recevoir les cours par correspondance.
Je vais expliquer cela dans un autre article.

Je n'ai pas envie pour autant de le faire souffrir, je voudrais juste partir. Je pense que c'est lui qui devrait quitter le domicile, car il avait promis de le faire autrefois, s'il recommençait ses conneries. Bien entendu, il ne veut absolument pas partir. Ne pas tenir parole est sa spécialité, je commence à avoir l'habitude.

C'est dommage car en m'obligeant à partir moi-même, il ruine tout espoir d'une éventuelle réconciliation pour le cas où il se reprendrait en main et se mettrait sur le droit chemin.

Bah, après tout, je ne serais pas la seule femme à ne pas partir sur le champ, de nombreuses femmes ont attendu des années avant de partir. Mais le temps passant, il me semble que le gachis de nos vie s'amplifie.

J'ai appris que je peux voir l'APRETO (Association Pour la REinsertion des TOxicomanes) car ils ont une section spécialisée dans l'aide aux familles des toxicomanes. J'espère qu'ils pourront m'aider, mais je parie que ce sera comme à chaque fois : on ne peut rien faire pour vous madame...

Noël a été sauvé, j'ai acheté des choses sur le célèbre site de vente aux enchères, mon père nous a aidés et mon mari s'est "débrouillé" pour trouver de quoi leur faire plaisir.

C'est marrant d'ailleurs, le cadeau qu'a préféré l'un de mes garçon a été ... de la pate à modeler.
Comme quoi, il suffit de pas grand chose souvent pour rendre un enfant heureux.

Sinon, moi j'ai passé ces vacances de noël à ... dormir.
Je m'en rends compte à chaque fois, c'est mon moyen de protection personnel. Mais cela n'est pas bien, car les enfants en souffrent, évidemment.

En plus, j'alterne entre un sommeil assommant et entre des insomnies. Ca craint.
Le fait de voir ma situation stagner me met tant en colère et me donne un tel sentiment d'impuissance, qu'en attendant de pouvoir agir, je dors.

Ces derniers jours, grâce au site de ventes, j'ai reçu des livres (payés 3 euros, frais compris) que je dois étudier cette année. Cela m'aide beaucoup car grâce à la lecture, je retrouve un sommeil presque normal et peux dormir la nuit. Donc je vais continuer à lire en début de soirée, après avoir couché les enfants, ce qui j'espère, va rétablir mon cycle de sommeil.


Aujourd'hui, j'ai fait une lettre de motivation et un CV original pour un emploi qui me plairait bien ... ça change des boulots de merde que je déteste. Ce serait merveilleux que je l'obtienne, mais je ne suis pas sûre du tout de correspondre au profil recherché.
Je tente quand même, on ne sait jamais.


Aujourd'hui toujours, l'école a repris, donc le rythme de vie devrait se remettre en ordre.

Je m'arme de patience, et il faut que je trouve les bonnes choses à faire pour faire évoluer ma situation. Ce n'est pas facile quand on est tout perdu dans sa tête.

J'allais oublier de dire une chose que j'ai remarquée durant ces vacances : quand on s'inquiète pour sa santé, l'idée de se retrouver seul, peut-être jusqu'à la fin de sa vie, fait bien peur.
Mais puisqu'il faut en passer par là, on y viendra. Et qui sait ? Peut-être qu'en étant seule avec mes petits (j'envisage la garde partagée) j'irai mieux ?